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Education : L’importance du jeu
Posté par Akela le 23/11/2007 8:50:57 (1191 lectures)

Les chiots commencent à jouer dès la quatrième semaine de vie, lorsque la myélinisation de leur colonne vertébrale et la maturation de leurs sens, leur permettent de se déplacer.

Le jeu est une nécessité pour les animaux (principalement les mammifères) qui viennent au monde avec une immaturité relative c'est-à-dire avec un bagage limité de comportements innés et un développement lent.
Pour être capable de s’adapter, ils doivent apprendre à améliorer la motricité et la coordination de leurs mouvements, perfectionner des aptitudes, à s'ajuster à leurs congénères et à d’autres espèces, à explorer et à appréhender le monde qui les entoure…

Les activités ludiques sont indispensables aux chiots pour l’établissement de liens sociaux, l’apprentissage des rituels de salutations, les postures et les mimiques, les signaux de dominance, de soumission, d’apaisement, l’inhibition de la morsure; nécessaires pour assurer leur identification intraspécifique ainsi qu’une bonne intégration dans la meute, seul gage de cohésion et d’harmonie d’un groupe social.

Les simulacres de lutte, de poursuite ou de prédation permettent aux chiots d’expérimenter la hiérarchie, d’améliorer leur motricité et la coordination de leurs mouvements, de perfectionner des tactiques d’affût ou de chasse…

Chez le jeune animal, le jeu est l’apprentissage de la vie.
C’est par le jeu que débute la communication, qu’il apprend à devenir un animal social et à interagir avec d’autres individus de la même espèce ou non.

Dès lors, on conviendra de l’importance du jeu dans l’apprentissage de l’éducation ou du dressage.


Le sevrage de la diversification alimentaire.

Dès que les chiots sont capables de s’alimenter seuls, leur intérêt pour la nourriture solide se traduit par une recherche de nouveaux goûts et de nouvelles «sensations». C’est aussi leur premier pas vers «l’indépendance» mais aussi la première «hiérarchisation»: la hiérarchisation alimentaire; les chiots apprennent qu’il y a des règles pour manger car leur mère (ou d’autres adultes présents dans l’élevage) les tiennent à distance en grognant et en corrigeant les plus entreprenants. Dans la nichée, on observe aussi les premiers signes de dominance : les chiots les plus délurés s’accaparant le plat collectif (souvent même en se couchant sur les aliments convoités en grognant). C’est l’occasion des premières bagarres.

On mettra à profit cette inclinaison pour la nourriture pour diversifier leurs goûts et développer la recherche et la «poursuite» de bouchées appétissantes.

A cet âge, (4 à 6 semaines), la nourriture est une des préoccupations principales du chiot.
Même s’il commence à s’intéresser aux objets, il ne peut retenir son attention bien longtemps sur un objet en particulier, le délaissant souvent pour une feuille qui vole ou un autre objet.

Pour les tous premiers apprentissages, on utilisera donc la récompense alimentaire.( répondre à l’appel de son nom, «poursuite de la proie» pour attirer le chiot vers la main, les positions de base à l’appât, l’aboi sur commande, le mot «zoek» (cherche)…
Les applications sont nombreuses. Et il ne s’agit pas d’obtenir l’obéissance mais de «poser une empreinte», de mettre en place des apprentissages futurs par renforcement systématique.


Exploration et manipulation :

Tel un bébé qui « goûte » le monde, le chiot prend contact avec son environnement en portant tout à la bouche en mordillant, en secouant ou en poursuivant les objets qui l’entourent.

Parallèlement, lorsque les chiots commenceront à s’intéresser aux objets (jouets divers, bouts de bois…) et qu’ils adopteront des comportements de groupe (par mimétisme) vers 5 – 6 semaines environ, je mettrai à profit cette nouvelle tendance pour renforcer cet intérêt pour les objets, m’occupant exclusivement des chiots les plus intéressés, les plus fous, jusqu’à obtenir l’imitation des autres chiots de la portée.

Paradoxalement, j’enlève alors tous les jouets présents dans l’espace chiots ne leur laissant que quelques friandises à ronger pour le développement de leurs mâchoires.
Après avoir éveillé un intérêt grandissant pour le jeu d’objets, il ne faudrait pas qu’ils s’en désintéressent au profit de lutte entre chiots, du repos….
Les jouets sont dès lors réservés pour des moments de prédilection associant le maître au jeu.
Jouets, friandises ne sont distribuées qu’à titre de récompenses associant maître, terrain d’exercices et travail en un seul bienfait.
Le terrain d’exercices devient terrain de jeu, le travail devient jeu et le maître, l’initiateur de tous ces bienfaits et le partenaire de prédilection.

Remarque : à 5 ou 6 semaines, les chiots ne savent pas suivre du regard des objets trop rapides.

Le jeu a pour but de renforcer « l’instinct de proie », de tisser des liens de complicité par l’interaction, d’encourager la motivation et la coopération, d’évacuer les tensions ou les pressions, d’ignorer l’environnement, de centrer le chien sur son dispensateur de plaisir, de permettre l’explosion après la concentration …

Et ne pas perdre de vue que la finalité du jeu est l’apprentissage, même si pour un spectateur non averti, il n’y paraît rien de plus qu’un jeu, chaque mouvement est calculé pour obtenir des réponses et des comportements attendus de la part du chien.


Savoir jouer : la poursuite - la chasse- la capture - le combat pour la possession de l’objet

Peu de maîtres savent jouer avec un chien.
Il faut parvenir à insuffler la vie à l’objet (balle avec une corde, kong avec une corde, boudin…) pour qu’il devienne réellement une proie et éveiller l’instinct de chasse, de poursuite (au moyen d'une corde reliée à l'objet qui effectuera une "fuite" saccadée sur le sol) et de possession du chien (par le jeu de traction).
La proie doit rester « vivante » jusqu’au commandement de cessation, elle doit rester en action.

Il convient d’y aller progressivement, en s’adaptant à la combativité du chien. A aucun moment, ce ne peut être désagréable, le chien ne peut pas être perdant au risque de se décourager (aussi on lui abandonnera la proie sur quelques efforts de traction au début, puis graduellement plus difficilement, pour finir par alterner des « victoires » et des lâchers. Il est évidemment totalement exclu que le jeu fasse mal.

Remarque : une attention toute particulière doit être apportée pendant le changement de dentition pour éviter de faire mal au chiot et qu’il associe cette douleur au jeu.

L’initiateur doit rester le maître du jeu et ne pas permettre des débordements, une excitation qu’il ne contrôle plus pouvant même aller jusqu’à la morsure.
Il doit donc être capable de mettre fin au jeu à tout moment.


The eye-stalk – l’affût

Pour obtenir le lâcher de l’objet, au début, je décroche généralement le chiot en lui ouvrant la gueule et en disant à chaque fois « los » (lâche). Certains pratiquent un « échange » la proie « morte » contre une friandise ou une autre proie « mobile ».

Avec la plupart de mes chiots, ces échanges ne marchent pas : ils dédaignent les friandises pour le jeu et tâchent de « voler » les deux « proies ». Et semblent partir du principe que « un tiens, vaut mieux que deux tu auras (…peut-être pas) ».

Lorsque le chiot constate que la proie est inerte, elle devient bien moins intéressante. Il suffit de lui faire comprendre que le lâcher signifie la reprise du jeu et « le retour à la vie de la proie ». Dès qu’il a compris, il lâche volontiers. Il suffit alors d’augmenter le temps d’attente pour la « résurrection de la proie » et l’invitation au jeu de son conducteur : c’est l’apprentissage de la concentration. L’attention du chiot sur la proie d’abord puis sur son maître ensuite, provoque le jeu. Et combien l’attente peut être délicieuse lorsqu’on connaît le plaisir à venir. C’est l’affût, la traque en quelque sorte, excitante et frustrante à la fois.

Les applications du jeu sont nombreuses dans l’apprentissage de la majorité des sports canins ou dans le dressage de chiens d'utilité.

Akela

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Les commentaires appartiennent à leurs auteurs. Nous ne sommes pas responsables de leur contenu.
Auteur Conversation
panda
Posté le: 26/11/2007 10:01  Mis à jour: 26/11/2007 10:01
Modérateur
Inscrit le: 27/8/2005
De: Bois-de-Villers
Envois: 717
 Re: L’importance du jeu
Vraiment passionnant, cet article !
rebellejf
Posté le: 22/11/2008 20:35  Mis à jour: 22/11/2008 20:35
Grand Loup
Inscrit le: 23/7/2008
De:
Envois: 143
 Re: L’importance du jeu
L’importance du jeu Bravo Akela c surrrrrrrr rebelle jf
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